Archives mensuelles : mars 2012

Galanterie? Pfffff…

Mercredi dernier, après le boulot, je suis allée faire des courses. Ma liste : du savon pour les mains, un purificateur d’air, du pain, du lait, du jus d’orange, des œufs. À noter, je voyage à pied et en bus.

J’entre dans la pharmacie. Super! Les contenants gros format de savon pour les mains sont en solde, deux pour quatre dollars. J’en place donc deux dans mon panier avec ma bouteille de Air Wick. Je sors avec un sac rempli qui s’ajoute à mon sac à main vous imaginez bien bourré, et me rends à l’épicerie. Deux pains Country Harvest (il y avait un bon rabais), un deux litres de jus d’orange, deux grosses briques de fromage, un sac de quatre litres de lait et une douzaine d’œufs plus loin, je réalise que j’ai légèrement exagéré. C’est lourd tout ça. Je quitte l’épicerie et me rends péniblement à l’arrêt d’autobus. À quoi ai-je pensé?

Oui, je suis celle qui, au lieu de faire deux ou trois voyages confortables, n’en fait qu’un seul bien paqueté, au risque de se blesser. C’est tout moi ça. Une fois arrivée à mon arrêt de bus, je débarque et je sens tous les os de mes jambes et de ma colonne vertébrale se compresser. De là à chez moi, c’est environ cinq minutes. Ouf. Une chance que je fais chaque semaine un peu de muscu pour renforcir ces muscles qui servent à des choses aussi simples que de porter des sacs de provisions.

La petite marche vers mon appartement m’essouffle épouvantablement. Soudain, contre toute attente, le jeune avec le fond de culotte par terre qui marche juste devant moi se retourne et me dit : « Scuse Excuse-moi, t’as tu est-ce que tu aurais besoin d’aide? ». Alléluia! Mais non, je lui réponds poliment : « Non, ça va, je me fais des muscles… ». Quoi??? Qu’est-ce que je suis bête. Alors j’ajoute : « Mais merci beaucoup, c’est vraiment très gentil de t’offrir. » Je le vois s’éloigner à grandes enjambées dans la même direction que moi et tourner sur ma rue. Pauvre de moi. Il n’allait tout de même pas partir en courant avec mon sac blanc picoté rose… Il voulait juste être… galant!

Étonnant de la part d’un jeune. Ou étonnant tout court (?). Aujourd’hui, la galanterie n’entre plus dans le vocabulaire des gens (je pointe les messieurs ici qui me font enrager depuis que je suis officiellement une adulte). Et les pires sont souvent les mieux habillés. Comme quoi l’habit ne fait pas le moine. Je ne compte plus le nombre de fois où un monsieur m’a dépassé avant une porte, l’a ouvert pour lui et seulement lui sans la retenir après avoir franchi le seuil pour m’aider, alors que j’en avais plein les bras. C’est arrivé si souvent. C’est aussi arrivé souvent que je me dise dans ma tête : « Quel con… ». Et que cette phrase s’échappe involontairement de ma bouche tellement j’étais insultée (!). Les gars, come on. On ne vous demande pas d’être des princes charmants et de recouvrir de votre manteau les flaques de boue pour nous éviter de salir nos jolies chaussures.

Autrefois, il y avait des règles de bienséance à appliquer. J’ai déjà suivi un cours en ce sens dans le cadre de mes études en gestion hôtelière. C’était drôle, presque gênant pour nous les filles. Imaginez-nous. Dans un restaurant bondé, notre accompagnateur devait se lever dès qu’il nous voyait sortir de la salle de bain pour que nous puissions repérer notre table rapidement. Puis il devait attendre gentiment et patiemment debout qu’on arrive, reculer notre chaise à notre arrivée pour que nous puissions nous asseoir et enfin nous aider à l’avancer. On avait toutes bien ri. C’était flatteur et nous les filles, on aime être flattées…

On dit que la galanterie serait l’art de mettre une femme en valeur. Qu’en pensez-vous messieurs?

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Dame nature est en SPM

La semaine dernière, les filles dévoilaient fièrement leurs jambes, leurs épaules et leur décolleté pour le plus grand plaisir de la gent masculine. C’était l’été. On se sentait léger, on avait soif, on voulait les terrasses, les pichets de sangria et les longues journées dehors. Une vague de chaleur sans précédent. 25,8 degrés à Montréal. Un nouveau record depuis celui de 25,6 en 1945 selon Environnement Canada. Il y a une semaine de cela tout juste, sept jours.

Mais hier, il pleuvait en tourbillon des feuilles d’automne. Et aujourd’hui, il neige… de la neige. Moins dix degrés à Québec. Les bus sont en retard et surpeuplés. On a ressorti les tuques, mitaines, duvets et bottes Sorel. Les camions de déneigement sont réapparus sur les routes après quelques semaines de température plus clémente. Je me retiens presque d’aller acheter mes cadeaux de Noël (!).

Ça me fait l’effet d’être en SPM aussi. Aujourd’hui, tout le monde l’était au boulot, y compris les gars. Humeur maussade, envie de se réfugier dans sa bulle, endormitoire aiguë après le dîner. C’est fou l’influence qu’elle a sur nous notre chère Dame nature. Elle se rebelle, car on la néglige. C’est la vie.

En attendant, j’envoie de la lumière en haut pour que des températures plus modérées s’installent définitivement. Je n’en peux plus d’avoir les doigts gelés, de travailler avec un foulard autour du cou pour que mon corps lutte mieux contre les courants d’air des corridors et des portes qui s’ouvrent trop souvent. Je n’en peux plus d’avoir la goutte au nez, la larme à l’œil et les pieds glacés. Je veux avoir chaud, et surtout enlever mes collants.

Dame nature, s’il vous plaît, je serai gentille.

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Mon portefeuille est vide, ma penderie est pleine, ma carte de crédit capote!

Mais j’ai encore besoin de choses. Besoin, vraiment? C’est totalement absurde.

J’ouvre ma penderie. Mon linge en occupe environ les deux tiers, peut-être même les trois quarts. Mes tiroirs, c’est l’horreur. Sur neuf, sept sont pour ma guenille, comme j’appelle affectueusement mes vêtements. Ils sont pleins à craquer. Ils débordent. J’éprouve même une grande difficulté à les fermer parfois. Encore plus pathétique, il y a un mois de cela, le fond d’un tiroir a cédé sous le poids des vêtements. J’ai donc dû m’armer de colle de menuisier, de mon marteau, de petits clous à bois et d’un serre-joint. Euh… question d’être honnête, j’ai dû aller sur le site d’Home Depot pour me souvenir du nom de ce dernier outil.

Enfin, tiroir réparé ou tiroir brisé, j’ai besoin. Encore. J’ai besoin, malgré mes 50 paires de souliers (chiffre arrondi pour ne pas mentir et sans compter mes bottes), mes 30 jupes, mes 15 robes, mes 10 chemisiers, mes 35 chandails, mes 40 paires de bas, mes 15 camisoles, mes 5 pantalons (que c’est raisonnable ça) et j’en passe. Pas besoin de dire ouf.

Mais besoin pareil.

Besoin de changer de tête, de maquillage, de look, de vernis à ongles. J’ai besoin de ci et de ça parce que… parce que quoi?

Je sais quoi. C’est la maladie du siècle. Et nous sommes nombreux à en être atteints. L’art du beau, du bon, du séduisant. L’art de plaire, aux autres, à soi-même. La maladie de la consommation. La boulimie de consommation. Le complexe de l’image. Une façon de lutter contre ce grand sentiment d’insécurité qui nous atteint et qu’on ne veut souvent pas voir. Cette peur de n’être pas assez…

En attendant, moi, je sais ce dont j’ai besoin. De faire un grand ménage du printemps. Et de remiser ma carte de crédit pour quelque temps.

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Le complexe de la princesse

Un jour, mon prince viendra. (Blanche-Neige)

Je les ai tous lus. Sans exception. Cendrillon, La petite sirène, La Belle et la Bête, La belle au bois dormant, Peau d’âne, La princesse des cygnes, etc, etc. J’étais petite, naïve, terriblement « fille », c’est-à-dire fille rose, fille en robe, les cheveux longs, les barrettes en boucle, les bijoux, les petits collants en dentelles, les scintillants à lèvres au goût de fraise. Et je me disais qu’un jour, comme Cendrillon, Ariel, Belle, Odette, Aurore et Peau d’âne, mon prince viendrait.

Puis à 18 ans, la réalité m’a frappée en plein visage, de plein fouet. Une copine m’avait fait comprendre d’un ton rempli de désinvolture que le prince charmant, sur son cheval blanc, que j’espérais et attendais ardemment ne viendrait jamais. Franchement, je n’étais pas si naïve…

Réalité numéro 1 : Les princes n’existent pas. Si, ils existent en fait, mais aussi charmant puissent-ils être (je n’en connais pas un personnellement), leur charme ne vient certainement pas, pour la plupart d’entre eux, de leur grande beauté.

Réalité numéro 2 : Les princesses n’existent pas non plus. C’est que dans les contes, les princesses sont toujours parfaites. Et la perfection, ça n’existe pas. Tout peut être amélioré, et il y a toujours un défaut, un caprice ou un vice qui surgit de nulle part, à un moment ou à un autre, qui fait s’écrouler toute la belle histoire. C’est normal, c’est humain.

Réalité numéro 3 : Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants : c’est bien plus compliqué que ça, voyons! S’ils ont dû affronter tout au long de l’histoire une quantité incroyable d’obstacles pour finir ensemble, comment cela se fait-il qu’ils n’en rencontrent pas un seul après s’être unis pour la vie? Le couple royal ne sera-t-il jamais reproductively challenged? Le prince devenu roi n’aurait-il jamais une petite faiblesse pour une de ses servantes comme Henri VIII en a si souvent eue? Et la princesse devenue reine n’entreprendra-t-elle jamais une liaison épistolaire avec un duc, épuisée du détachement continuel de son mari à son égard? Est-ce par manque d’imagination de l’auteur? On sait tous très bien que la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

Un conte virtuel

Qui, en cette ère numérique, ne s’est pas déjà aventuré sur l’autoroute du courrier électronique pour rencontrer quelqu’un (le prince charmant peut-être?). Nous connaissons tous l’histoire. Je lui plais, il me plaît… virtuellement. Échangeons-nous des mails. Des mots délicieux, des constructions stylistiques romantiques, quelques citations par-ci par-là de nos auteurs préférés, des proverbes pourquoi pas.

Et embarque la cassette du conte. Sa voix doit être douce et grave, sa posture virile, son regard plein d’assurance, sa tête remplie de projets. C’est mon prince. Et lui pense que ma voix est sensuelle, mes courbes -pas trop voluptueuses- mais juste parfaites, mon regard séducteur et séduisant. Je dois me lever le matin tout sourire et bien peignée.

Puis le jour J. La débandade totale. Lui plus petit, moi trop enveloppée pour lui, lui converse bizarrement, moi le regarde me converser bizarrement, lui boit deux bières, moi serais partie après une. Un conte de fée d’un mois, des écrits romanesques pour ça. NEXT!

Pour finir

Voilà où je veux en venir. Je vous parlais d’une lecture dans mon premier billet. Ce roman, qui s’intitule « Quand souffle le vent du Nord », m’a appris deux choses. Première chose, je ne crois plus aux contes de fées. Échanger des mails avec quelqu’un pendant un an sans le rencontrer et tomber virtuellement en amour avec lui, ça ne mène à rien. Il faut voir!! Il faut toucher!! Il faut sentir!! Il faut goûter!! Une relation, pour qu’elle n’induise pas nos sentiments et notre cœur en erreur, a besoin de réalité plus que de virtualité. Parce qu’une relation virtuelle fait tous de nous des princes et des princesses. Deuxième chose, le conte de fées existe malgré tout toujours en moi et les désirs de princesse aussi. Parce que je pourrais tomber en amour avec des mots, mais l’expérience m’a appris que les mots peuvent séduire et dire n’importe quoi, et que la réalité, elle, ne trompe -malheureusement ou heureusement- pas.

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