The Pretty Reckless et autres choses

Vendredi dernier, destination Le Cercle. Arrivée à 20 h et des poussières. Courage my love, le deuxième groupe à faire l’avant-première de The Pretty Reckless a commencé son show. L’ambiance est chargée. Le groupe est bon, il chauffe bien la salle. Les filles sont jeunes, si jeunes qu’à la table où sont vendus leurs produits promotionnels, c’est leur mère qu’on y trouve. Elle est sans doute leur plus grande supportrice, et par le fait même la personne la plus enthousiaste dans la salle. Son regard brille de fierté. Mais ce que tous anticipent avec grande hâte, c’est l’arrivée de la fameuse et célèbre Taylor Momsen.

À 22 h, le public du Cercle veut Taylor. Il l’appelle, scande son nom à chaque envolée de brume et nouvel essai de lumières. Puis les membres de son band s’installent et enfin, elle arrive. Avec sa cascade de cheveux blonds décolorés, avec ses yeux beurrés d’une épaisse couche d’ombres à paupières d’un noir intense, avec son long corps svelte vêtu de résille et de cuir. Le spectacle commence. La batterie et les guitares enterrent malheureusement la voix de la jeune femme frêle à la voix grave. Une voix familière, à la déchue Courtney Love. Chaque chanson se termine avec des mercis mercis bien timides. Et chaque nouvelle commence avec la chanteuse qui fait dos à son public en enchaînant devant son batteur des mouvements langoureux et suggestifs. On la dirait mal à l’aise sur scène avec son grand corps et sa longue chevelure.

Puis un gars crie tout à coup entre deux chansons la phrase typique de macho qu’on s’attendait tellement trop à entendre : « Show me your boobs! ». Et un peu plus tard, le même hurle à Taylor « Will you marry me! ». Certainement pas, pauvre lui.

Le spectacle dure quarante minutes de musique lourde et d’excellentes prestations, sans toutefois être inoubliables. Les meilleures : Aerials de System of a Down et Nothing left to lose en rappel. Enfin, c’était la voix de la chanteuse qu’on entendait. Elle a du talent, ce serait mentir que de ne pas l’admettre. Et le groupe, sans elle, n’existerait assurément pas. Son comportement de bad princess qui en montre un peu trop à l’occasion paye. Qu’on parle d’elle en bien ou en mal, peu lui importe. L’essentiel, ce doit être qu’on parle d’elle.

À 22 h 40 donc, les rideaux se ferment et la salle se vide. Restent ceux qui ne sont pas pressés de partir comme moi et qui se prennent un autre verre en regardant avec intérêt et étonnement  la vitesse avec laquelle l’équipe du groupe démonte les équipements de scène, puis ceux qui attendent leur moment de gloire car ils ont payé deux fois le prix régulier du billet pour se faire prendre en photo avec la star et obtenir son précieux autographe. Pour la plupart des faux gothiques groupies.

Parlant de public, il était certainement le plus étrange que j’aie vu de ma vie. Des jeunes, des vieux, des emos, des gais, des straights, ce monsieur bizarre avec les pantalons remontés au-dessus de nombril qui se délectait bizarrement de la joliesse et de la candeur des jeunes filles de Courage my love, et ce couple. Ce couple qui a alimenté de façon inattendue ma soirée. La mi-cinquantaine, une femme, un homme, elle classe, lui pas chic, probablement des amants, des intrus dans la foule qui, toute la soirée, semblent s’être regardés intensément et déshabillés du regard, se sont ensuite tripotés et embrassés comme si personne n’existait autour. Et à qui je me suis empêchée de dire à un moment donné, par simple politesse et parce que je ne suis pas une pretty reckless : « Get a room! ». Il faut croire que la passion n’a pas d’âge.

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