Archives mensuelles : avril 2012

Le choc des Titans, version 2012.

Le débat qui a cours actuellement entre les étudiants et le gouvernement du Québec, ainsi que les manifestations qui en découlent m’ennuient et me laissent un goût amer dans la bouche. Soyez rassurés, l’idée de ce billet n’est pas d’expliquer ici ma position relativement à cet échange musclé, mais plutôt de faire une simple et triste constatation sur ce qui s’en dégage.

Vous connaissez le clash des générations? Eh bien, par mes diverses lectures quotidiennes de commentaires de gens de tous âges et de tous horizons –grâcieuseté des fabuleuses plateformes sociales–, je peux vous dire qu’il ne s’agit plus d’un conflit, mais plutôt d’une guerre entre les âges. La faille de San Andreas s’est installée entre les générations traditionalistes, baby-boomers, X, Y et C (ou Z, c’est comme vous voudrez). On ne se comprend plus. Nous sommes-nous déjà compris? Peu importe, on se parle mais on ne s’écoute pas, on revendique et on se fait répondre qu’on manque d’expérience de vie ou qu’on est dépassés. C’est sans issue, il n’y aura pas d’appel. C’est le choc des Titans. Percée et son armée de jeunes, contre la Gorgone Méduse et autres créatures étranges et puissantes, envoyées par les dieux et proches de retourner les trouver.

Pour être parfaitement sincère et transparente, ce que je lis tous les jours m’attriste beaucoup. C’est une bien mauvaise image qu’on a les uns des autres. Des idées préconçues empreintes de jalousie et surtout d’incompréhension. Ce qui est drôle, c’est que de génération en génération, nous allons tous passer par l’inévitable : un jour nous sommes jeunes, le jour d’après nous sommes des reliques. Mais en même temps, pendant notre jeunesse, nous avons tous voulu nous faire entendre des adultes. Puis une fois grand, nous ne voulons pas entendre ceux qui nous succèdent. Chaque nouvelle génération répète les mêmes erreurs que la précédente, de façon différente me direz-vous, mais de toute façon, tout court. Qu’on arrête de nous dire que nous sommes gâtés et paresseux. C’est pas bien malin de comparer son jardin à celui du voisin. Car le voisin, il en aura des réalités, des défis et des problèmes à résoudre tout au long de sa vie. Où en serait le monde aujourd’hui, comment aurait-il bien pu évoluer s’il n’avait jamais eu des jeunes pour remplacer les vieux et poursuivre le travail que ces derniers avaient commencé?

Ce que je lis me pèse vraiment. J’ai l’impression que non seulement les adultes n’aiment pas les jeunes, mais que les jeunes n’aiment pas les adultes non plus. La phrase typique : ils ont tous des manteaux Canada Goose, des iPads et des iPhones! Je m’excuse mais non. Certains jeunes en ont bien sûr, et il faut savoir qu’il y a souvent une mère ou un père et beaucoup de générosité derrière ce matériel. Des parents qui se privent pour leurs enfants, comme leurs parents avaient fait pour eux. Sauf que… Lorsqu’eux étaient jeunes, les manteaux Canada Goose, les iPads et les iPhones n’existaient pas. Et le crédit, il était beaucoup moins accessible (chapeau aux institutions financières qui rendent tellement service en cette ère d’endettement massif). J’ai 31 ans et je n’ai rien de tout ça. Je ne suis jamais allée au Mexique –ni à Cuba, ni en République Dominicaine d’ailleurs–, j’ai quelques dettes d’études même si je viens pourtant d’une famille aisée. Je ne suis pas plus malheureuse. En fait, je m’en fiche! Je suis plutôt du genre à être fière de ce que je réussis à acquérir et à réaliser par moi-même. Si ces jeunes ont de la chance, moi j’ai autre chose.

La réalité dans tout ça, c’est que ce conflit des générations, c’est une histoire qui se répète depuis que le monde est monde. L’avènement de cette nouvelle culture médiatique où sont rois les médias sociaux nous lance cependant cette réalité en pleine figure. Dans toute guerre, il y a un gagnant et un perdant. Mais l’amertume des propos tenus et des gestes commis, elle, signera sans doute la suite des événements. Et il y a dans l’amertume tant de colère qui sommeille.

… si on pouvait simplement dire Breathe and Reboot.

Poster un commentaire

Classé dans Actualité

Toutes ces occasions de se bourrer la face

Ma résolution cette année : éviter toutes ces occasions que les commerces nous offrent, que le calendrier des fériés nous donne, de nous en mettre plein la figure. Je me sens obèse ces temps-ci, en ces mois printaniers où les magazines féminins n’ont d’autres préoccupations et de sujets que de parler de la période du bikini qui s’en vient inexorablement et par conséquent, des mille et un rituels beauté, soins corporels et exercices qu’il existe et qu’il nous faut nous infliger pour que notre corps soit top-shape d’ici deux mois.

Et c’est ce secret bien gardé qui est dévoilé de façon extraordinaire et toujours réinventée chaque nouveau printemps. Les filles! Doublez vos visites au gym, hydratez-vous bien, stop la caféine, le sodium, les abus d’alcool, les sucreries, les croustilles et la malbouffe. Vraiment? Et si vous y succombez, privez-vous un peu les jours qui suivent. Préférez donc la salade, les grands verres d’eau et la tisane à la queue de cerises. Purgez-vous tant qu’à y être?! Pourquoi pas une petite crème anti-capitons qui vous fera miraculeusement perdre deux pouces de tour de taille et une lotion autobronzante ou perfectrice de teint magique! Si vous avez de la chance, la Fée Clochette viendra peut-être vous rendre visite pendant votre sommeil… On oublie toutefois de mentionner que les photos accompagnant ces fameux articles ont reçu une cure spéciale Photoshop, ce qui nous laisse croire naïvement qu’il est possible d’en arriver à de tels résultats. Un petit filtre glamour avec ça?

Ainsi, dans cet élan de bonne volonté de vouloir atteindre le parfait bikini body, j’ai décidé de bouder Pâques. Non à ses cocos, à ses poules en chocolat, à son brunch traditionnel qui nous appelle à nous réunir autour d’une même table au restaurant et à toutes les calories superflues qu’il nous incite à consommer. Pourquoi donc chaque célébration devrait s’accompagner indubitablement de gras trans?

Mais pour le reste, je n’entends pas me priver. Non de non. Plutôt mettre mes espadrilles plus souvent pour aller manger dehors un grand bol d’air, et me nourrir de cette précieuse vitamine D qui nous fait nous sentir mieux, dormir plus profondément et déprimer moins souvent.

Enfin, je l’ai le secret de la perfection. Sourire. Ça fait cliché peut-être, mais vous en conviendrez. C’est bien plus joli une fille heureuse qu’une femme frustrée… et affamée!

Poster un commentaire

Classé dans Actualité

The Pretty Reckless et autres choses

Vendredi dernier, destination Le Cercle. Arrivée à 20 h et des poussières. Courage my love, le deuxième groupe à faire l’avant-première de The Pretty Reckless a commencé son show. L’ambiance est chargée. Le groupe est bon, il chauffe bien la salle. Les filles sont jeunes, si jeunes qu’à la table où sont vendus leurs produits promotionnels, c’est leur mère qu’on y trouve. Elle est sans doute leur plus grande supportrice, et par le fait même la personne la plus enthousiaste dans la salle. Son regard brille de fierté. Mais ce que tous anticipent avec grande hâte, c’est l’arrivée de la fameuse et célèbre Taylor Momsen.

À 22 h, le public du Cercle veut Taylor. Il l’appelle, scande son nom à chaque envolée de brume et nouvel essai de lumières. Puis les membres de son band s’installent et enfin, elle arrive. Avec sa cascade de cheveux blonds décolorés, avec ses yeux beurrés d’une épaisse couche d’ombres à paupières d’un noir intense, avec son long corps svelte vêtu de résille et de cuir. Le spectacle commence. La batterie et les guitares enterrent malheureusement la voix de la jeune femme frêle à la voix grave. Une voix familière, à la déchue Courtney Love. Chaque chanson se termine avec des mercis mercis bien timides. Et chaque nouvelle commence avec la chanteuse qui fait dos à son public en enchaînant devant son batteur des mouvements langoureux et suggestifs. On la dirait mal à l’aise sur scène avec son grand corps et sa longue chevelure.

Puis un gars crie tout à coup entre deux chansons la phrase typique de macho qu’on s’attendait tellement trop à entendre : « Show me your boobs! ». Et un peu plus tard, le même hurle à Taylor « Will you marry me! ». Certainement pas, pauvre lui.

Le spectacle dure quarante minutes de musique lourde et d’excellentes prestations, sans toutefois être inoubliables. Les meilleures : Aerials de System of a Down et Nothing left to lose en rappel. Enfin, c’était la voix de la chanteuse qu’on entendait. Elle a du talent, ce serait mentir que de ne pas l’admettre. Et le groupe, sans elle, n’existerait assurément pas. Son comportement de bad princess qui en montre un peu trop à l’occasion paye. Qu’on parle d’elle en bien ou en mal, peu lui importe. L’essentiel, ce doit être qu’on parle d’elle.

À 22 h 40 donc, les rideaux se ferment et la salle se vide. Restent ceux qui ne sont pas pressés de partir comme moi et qui se prennent un autre verre en regardant avec intérêt et étonnement  la vitesse avec laquelle l’équipe du groupe démonte les équipements de scène, puis ceux qui attendent leur moment de gloire car ils ont payé deux fois le prix régulier du billet pour se faire prendre en photo avec la star et obtenir son précieux autographe. Pour la plupart des faux gothiques groupies.

Parlant de public, il était certainement le plus étrange que j’aie vu de ma vie. Des jeunes, des vieux, des emos, des gais, des straights, ce monsieur bizarre avec les pantalons remontés au-dessus de nombril qui se délectait bizarrement de la joliesse et de la candeur des jeunes filles de Courage my love, et ce couple. Ce couple qui a alimenté de façon inattendue ma soirée. La mi-cinquantaine, une femme, un homme, elle classe, lui pas chic, probablement des amants, des intrus dans la foule qui, toute la soirée, semblent s’être regardés intensément et déshabillés du regard, se sont ensuite tripotés et embrassés comme si personne n’existait autour. Et à qui je me suis empêchée de dire à un moment donné, par simple politesse et parce que je ne suis pas une pretty reckless : « Get a room! ». Il faut croire que la passion n’a pas d’âge.

Poster un commentaire

Classé dans Culture