Archives mensuelles : mars 2013

La fosse

Vendredi dernier, la terre s’est entrouverte pour avaler tout rond Jeff Bush, un Floridien de 36 ans, qui se trouvait dans son lit. Un boum, un cri et puis plus rien. Un trou géant et de la terre, beaucoup de terre. Sa famille n’aura jamais pu lui porter secours tellement les événements se sont produits à une vitesse imprévisible et vertigineuse. J’en éprouve justement un léger vertige. Le pauvre homme.

Quelle fatalité, quelle malchance, et quelle fin… Bien que l’on se trouve tous un jour ou l’autre dans une fosse, le type ne s’imaginait certainement pas qu’il dormait juste au-dessus de la sienne, quelques mètres plus haut.

Pendant ce temps au Québec, le gouvernement Marois est en train de creuser notre propre fosse, à coup de grandes pelletées de fonds publics balancés dans la poubelle. Un jeu d’avance-recule, de pas à droite puis à gauche, de « je sais », « je ne sais peut-être pas », « je ne sais plus », « je n’ai jamais dit ça », « pouvez-vous répéter la question s’il-vous-plaît » ? Puis parfois, comme seule réponse, il y a un sourire, comme ceux, bien nombreux, de Pierre Duchesne à Tout le monde en parle dimanche dernier. Mais que veulent dire ces sourires au juste ? Est-ce le nouveau moyen d’ajouter plus de crédibilité aux mots trempés dans la langue de bois que maîtrise déjà fort bien, après six mois seulement, monsieur le ministre de l’Enseignement supérieur ? Ou peut-être est-ce un simple subterfuge pour avoir l’air faussement plus sympathique et décontracté. Sourire pour tromper la suffisance. Je ne sais pas… Pouvez-vous répéter la question s’il-vous-plaît ?

Pendant ce temps le Québec stagne, il ne se développe plus. Le statu quo, l’immobilisme, le gel. Voilà le véritable fléau dont le Québec est victime. Quel sera le prix de cette inconscience politique ? Le gouvernail est brisé, les illusions perdues, les espoirs déçus. Le développement économique – faut-il en parler toujours et insister sur son importance capitale – est mis sur la glace alors qu’il est la clé de cette richesse dont nous avons tant besoin pour créer un Québec toujours plus prospère, capable de nous donner ce style de vie que nous souhaitons garder à tout prix.

Pendant ce temps, la banquise du Québec fond comme neige au soleil, le piège se referme lentement et inexorablement, le gouffre se creuse. C’est selon…

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