Archives mensuelles : juillet 2013

Cani•cul•e

Étymologie : Emprunt au latin canicula, substantif féminin, diminutif de canis, proprement « petite chienne » terme d’astronomie. (Source TLFi)

Il était trois heures du matin. J’étais couchée depuis quatre heures, incapable de m’endormir. Flanc droit, flanc gauche, dos, ventre, rien à faire. Aucune position ne me procurait le confort tant recherché, cela malgré un ventilateur faisant presque corps avec moi et l’air conditionné fonctionnant à plein régime. « Petite chienne » de canicule, transformant mon appartement, et du même coup mon bureau, en îlot de chaleur, en véritable fournaise. Enlevez « cani » ainsi que le « e » final et se trouve l’adjectif que je prendrais pour qualifier ce temps de… Je ne l’endure pas, je ne m’endure plus.

Au thermostat électronique de mon grand 5 ½, je lis entre 34 et 36 degrés depuis deux jours. Mes cheveux sont indomptables, mon cerveau fait la grève, mon système digestif paresse, mon corps est flasque, ma peau collante. Je me meus au rythme d’un escargot. Chaque mouvement déclenche une réaction en chaîne de chacun de mes pores qui pleurent de douleur. J’aurais le goût de fermer boutique et de partir en croisière en Alaska. Hier, prise de nausées interminables et d’un malaise profond jamais ressenti auparavant, j’ai plongé portable et papiers dans mon sac et j’ai décidé de venir me réfugier dans ce qui serait mon oasis à moi, pendant ces jours de canicule qui me font maudire le soleil et Sirius. En arrivant aux Galeries d’Anjou, j’ai cru comprendre que je n’étais pas la seule à avoir eu cette idée.

« C’est l’été Marjo, arrête de chialer ! ». Non, ce n’est pas l’été. À 23 degrés c’est l’été, à 25 degrés c’est l’été, à 32 degrés sans facteur humidex (et je ne veux même pas savoir ce que ça donne), ce n’est plus l’été, c’est l’enfer. Je regrette soudain amèrement mon petit appartement de sous-sol climatisé. Appart de Québec 1, appart de Montréal 0. Sérieux ! Il est où le plaisir cette semaine, à moins d’être l’heureux propriétaire d’une thermopompe, d’un sous-sol et d’une piscine ? Capricieuse, moi ? Non, la chaleur peut tuer. Et ce n’est pas moi qui le dit, c’est entre autres Marie-Claude Lortie, dans une chronique du jour fort à propos.

Je pense à une ancienne collègue, qui déteste l’été. Pour ma part, j’ai déjà hâte d’enfiler des collants, un chandail en tricot et un manteau léger. De déambuler dans les rues d’une métropole tempérée, où quelques courants d’air frais viendraient activer la circulation sanguine de mes joues et me revigorer.

Tiens, il pleut, le ciel gronde. Semble-t-il que ça le fait suer lui aussi cette chaleur-là…

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