Le 1er juillet et son ani•maux•sité

On peut juger de la grandeur d’une nation et de son évolution morale par la façon dont sont traités ses animaux. – Gandhi

Chaque année, aux alentours du 1er juillet, des milliers d’animaux sont abandonnés à Montréal seulement. Si, mensuellement, ils sont d’ordinaire 600 à se trouver dans la rue, le chiffre gonfle à plus de 1 500 en juin. Il faut savoir qu’au Québec, chats et chiens sont légalement considérés comme des biens meubles. C’est dire qu’au sens de la loi, ils sont autant protégés qu’une vieille machine à café qu’on remplacera sans tristesse lorsqu’elle ne coulera plus du café assez bon à notre goût. La différence, la grande différence, c’est que cette machine ne souffrira pas trop d’être jetée à la poubelle, alors que minou et pitou, une fois dans la rue, se trouveront sans repères, abandonnés dans un environnement hostile aux animaux domestiqués. Comme les êtres humains, ces êtres vivants ont besoin de soins et de nourriture. Ils ne sont pas « juste des animaux », comme le disent encore beaucoup trop de personnes. Ils dépendent de nous. En échange d’un peu d’entretien, de moulée et de caresses (parfois aussi d’un peu de patience), ils sont prêts à nous donner leur affection inconditionnelle et leur fidélité jusqu’à la fin.

En premier lieu, à tous ces propriétaires d’animaux qui font le choix conscient de ne pas stériliser ou pis encore de maltraiter, d’abandonner leur animal parce qu’ils n’en veulent plus, honte à vous. Adopter un animal, c’est une responsabilité que vous endossez pour la vie, sachez-le. C’est ensuite, comme lorsqu’on décide d’avoir un enfant, une obligation d’en prendre soin. Adopter un animal, ce doit être une décision personnelle, ce n’est pas pour faire plaisir aux enfants (malgré leurs bonnes intentions et leurs promesses, ils ne s’en occuperont pas toujours et pas toujours adéquatement), ce n’est pas pour remplacer temporairement votre ex-copain ou copine. C’est dit… En deuxième lieu, honte aux propriétaires de logement intolérants qui imposent impunément à leurs nouveaux locataires de se départir de leur compagnon poilu et qui brisent, pour ainsi dire, des familles. Je comprends votre insécurité par rapport à l’entretien de vos logements. Toutefois, le savoir-vivre, il faut l’apprendre aux locataires négligents qui n’en ont pas et les punir quand il se doit. Ce n’est pas aux gens respectueux à être pénalisés pour la faute et les dommages des autres. Il faut dire que notre province fait bien piètre figure à l’international. Alors que Québec lance une ligne téléphonique d’urgence pour secourir les animaux (un infime pas je le concède, mais on les sauve et ensuite on les place où???), en Ontario, comme en France et en Belgique, les clauses anti-animaux dans les baux résidentiels sont jugées déraisonnables, abusives et contraires à l’ordre public. Ça me donne l’impression que chez nous, on regarde et on règle souvent les problèmes à moitié… Pour ma part, j’ai regardé les vidéos d’usines à chiots, ceux démontrant la façon dont certaines entreprises pratiquent l’euthanasie animale ou gavent les canards, etc. J’ai le cœur sensible, mais je ne me suis pas abstenue. Je voulais savoir et essayer de comprendre pourquoi. Pourquoi un tel comportement, une telle cruauté? Chaque fois, j’ai été renversée et j’en ai pleuré de voir à quel point certains sont dépourvus d’humanité et de compassion, ont une pierre à la place du cœur. Quelle grandeur?

Je n’ai pas vraiment l’habitude de prendre publiquement position sur un sujet faisant l’objet d’un débat public. C’est par contre une cause, parmi d’autres, à laquelle je crois et que je soutiens. Je n’ai pas honte de dire que j’ai signé la pétition de la SPCA pour aider à stopper l’abandon des animaux, de même que le Manifeste pour une évolution du statut juridique des animaux dans le Code civil du Québec. Mon amour pour les animaux, particulièrement pour les chats, remonte à ma plus tendre enfance. Ce texte d’aujourd’hui est une façon particulière et toute personnelle pour moi de vivre mon deuil, de prendre la défense de ces êtres vulnérables qui, même s’ils ne parlent pas, ont une voix, et cela, en la mémoire de mon compagnon de vie. Ce 2 juillet, il y a déjà une semaine que Charlot, mon gros matou heureux, s’est endormi pour la dernière fois après 14 années de bonheur et de ronrons. Je me souviens comme si c’était hier de ce mois de septembre 2000, lorsqu’il est arrivé par hasard dans ma vie, après avoir été abandonné par quatre foyers en seulement trois mois d’existence. Je l’aurais gardé pour toujours… Cependant le toujours de nos animaux de compagnie est souvent beaucoup plus court que notre toujours à nous. Comme pour les humains, le cancer les touche. Il nous appartient donc à nous, propriétaires, de nous assurer qu’ils ne souffrent pas et de prendre la difficile décision de les laisser partir lorsque le temps est venu. Je suis fière et heureuse d’avoir accompagné mon beau Charlot jusqu’au bout, jusqu’à son dernier souffle dans mes bras, comme je le ferais avec n’importe quel membre de ma famille.

Charlot, tu me manques tellement… mais je sais que tu vis là, dans mon cœur, pour toujours. Je t’aime.

Charlot, alias Pechoune

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