La Mlle

En quelques mots, si on peut dire quelques.

T’es trop pas romantique. Trop pas… C’est la conclusion d’une collègue après que je lui aie confié mes sentiments doux-amers à l’égard d’une récente lecture. Elle, elle et sa décennie de plus, avait été complètement emballée par l’échange épistolaire de quelque 347 pages. Moi, après une dizaine de pages, je devinais la conclusion et l’anticipais avec grande hâte. Pourtant, il ne me serait jamais venu à l’idée que ma propension au romantisme était tellement nulle qu’il me serait impossible d’apprécier le développement d’une idylle par courriel, tellement que je doive laisser leur conversation aux deux personnages principaux et cesser mon indiscrétion indifférente à leur verbiage.

Serais-je donc déjà, en cette aube de ma trentaine, à l’aurore du sentimentalisme? Aurais-je eu par le passé une poussée hormono-sentimentale si vive que je me retrouve aujourd’hui avec un cœur froid comme les pôles terrestres et sec comme le désert de l’Arizona? Serais-je tout simplement une déçue de la vie, de ses raisons et de ses sentiments?

M’est donc venu à l’idée de faire un blogue. Je me suis dit que ce serait ma façon à moi de me psycho-pop-analyser (oui, je suis entre autres adepte de la néologie, quel procédé extraordinaire, quel véhicule séduisant pour définir notre identité individuelle unique!). J’ai cherché des soirs et des fins de semaine durant un sujet exclusif, novateur, original. Sucré et relevé. Comme moi… ou peut-être plus le chocolat et le piment. J’ai googlé, googlé et regooglé à la recherche d’un titre surprenant. Je m’en suis rongé les doigts au sang, je m’en suis fait pousser des cheveux blancs. Et j’ai insomnié… (bon, je sais que je fais une entorse au français en conjuguant ce mot, mais le délice est dans la marginalité linguistique).

Mais le sujet n’est pas venu. Les noms de blogues, tous pris. Suis-je si commune, ordinaire, traditionnelle? C’est que tant de choses piquent ma curiosité, j’ai toujours aimé papillonner. Alors on me dira rêveuse… et mon blogue portera sur rien et tout. Mais il portera ma signature.

Il est vrai que ma vie manque un peu de piquant, et je ne suis certes pas seule dans cette situation. Vous êtes comme moi peut-être? Vous en avez assez d’ouvrir la télé et de vous faire gaver de pubs et d’émissions qui alimentent votre dépendance à la surconsommation et vous empressent de joindre le penchant sociétal généralisé pour la perfection? Vous en avez marre d’écouter les nouvelles et de lire les journaux et d’avoir presque le goût d’aller voir votre médecin pour lui demander une petite dose d’antidépresseurs? Vous auriez plus le goût de partager la même montagne que Julie Andrews et de chanter avec elle la mélodie du bonheur en faisant tournoyer joyeusement votre jupe, les bras dans les airs?

Peut-être suis-je atteinte, en ce mois de mars et de crasse urbaine, de la tristesse de l’hiver qui fond. De la tristesse des jours gris, encore courts et trop froids de ma ville ventée, d’une affliction purement saisonnière et/ou climatique. Et ma thérapie passe par le blogue. Eh bien, soit! Le temps dira si j’ai tort.

Voilà. Moi, fille et femme de beaucoup de mots (!), 31 ans, sans enfant, bachelière en rédaction, amoureuse des arts et particulière celui d’écrire les mots, passionnée de politique, d’actualité, de musique et de cinéma, brunette, coquette, tout ordinaire mais unique en tout, et bla bla bla…

Marjolaine Michaud-Grimard

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