Les étoiles filantes de Hollywood

Certains disent que ce sont les étoiles les plus brillantes qui s’éteignent en premier. Je croyais à un poisson d’avril hier lorsque j’ai appris que Robin Williams avait décidé qu’il en était assez de la vie. J’ai alors repensé à toutes les œuvres cinématographiques dans lesquelles il avait brillé, à toutes les entrevues où il m’avait fasciné, particulièrement celle-ci, dont voici un extrait, à l’Inside the Actors Studio :

Vous riez, n’est-ce pas?

Multidisciplinaire, Robin Williams l’était. Un génie, et c’est sans doute pourquoi on lui avait donné ce rôle dans Aladdin. Il savait ravir tant les cœurs d’enfants que les cœurs des grands. Il n’y avait qu’à l’écouter parler quelques secondes pour développer rapidement l’envie de se laisser transporter dans ses histoires et d’y croire, et être touché par ses discours. Impossible de réprimer un fou rire ou des larmes. J’en étais venue à éprouver beaucoup de tendresse pour ce grand personnage au cœur et à l’âme tourmentés. La tourmente semble un fléau bien présent et enraciné dans la communauté artistique, où les étoiles s’éteignent trop vite.

Souvent, on oublie la fragilité de ces gens naturellement sensibles qui ont choisi de consacrer leur vie aux arts et au jeu. On envie leur gloire, leur célébrité et leurs acquis; on s’abreuve de leur quotidien par les ragots qui parfois leur font mal ou leur font vivre une véritable descente aux enfers. On jalouse leurs réussites; on se délecte de leurs défauts, de leurs impairs, de leurs échecs et de leurs dépendances. On en vient parfois à éprouver peu de sympathie pour les humains bien imparfaits qu’ils sont et qu’ils ont le droit d’être, peu de compatie pour leurs épreuves et leur détresse, parce qu’ils semblent tout avoir ou disposer de tout pour s’en sortir. Comme si on tenait pour acquis qu’avec ce tout le bonheur était compris. Absurde. Et après, lorsqu’ils sont peu conciliants à l’égard des parasites médiatiques, on les condamne… ils n’avaient qu’à choisir un autre métier s’ils souhaitaient protéger ce qui se passe dans leur chambre à coucher. Mais depuis quand artiste rime-t-il avec proie? Bien chanceuses sont ces vedettes qui réussissent à garder un équilibre et un semblant de normalité dans leur vie, sans avoir à geler, par un quelconque moyen, leur quotidien.

Nul doute que personne n’oubliera la voix aux mille et une facettes, les éclats de rire retentissants, le regard pétillant et bienveillant, la sublime folie, la séduisante vulnérabilité, la belle âme de cet improvisateur né, tant comique que dramatique, Robin Williams. Pour ma part, je n’oublierai jamais son interprétation touchante dans le chef-d’œuvre visuel What Dreams May Come, une ode particulière à la vie. Dans son immense et incontrôlable tourmente, je lui souhaite que ce soit là, à l’autre bout du tunnel où la lumière ainsi que les couleurs brillent, et où l’espoir abonde, qu’il soit allé se réfugier. Comme le génie, il avait besoin de se libérer de ses chaînes.

Monsieur Williams, vous allez nous manquer.

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Enfin les vacances

Dernier jour de travail et voilà que, signe que j’ai besoin de quelques jours de repos, j’en oublie le prolongement de moi-même et de ma tête à la maison, soit mon cellulaire. Malheur!

Je ne suis assurément pas la seule à voir, dans les vacances annuelles, une pause des plus nécessaires et salutaires. Comme d’autres, mais pas nécessairement pour les mêmes raisons, je suis arrivée au bout de ma cassette et je dois impérativement rembobiner la bande avant qu’elle ne pète, littéralement. Je n’ai plus d’ongles à ronger. Le hamster qui tourne sur sa roue dans ma tête est à bout de souffle. Sans relâche, depuis février, il court à un rythme effréné… même la nuit. Chaque tour de roue s’accompagne d’un « Et si… », d’un « Oui mais », d’un « Fait que » et d’un « Hmmm ». Mes deux semaines de vacances arrivent à point nommé : j’ai besoin de m’échouer, de faire le vide, de presser sur le bouton off et de faire ensuite un bilan, car la vie passe trop vite et j’ai le sentiment presque insupportable de manquer le train.

C’est comme ça. Vient un moment dans la vie où la passion crie momentanément moins fort que la raison, et que cette dernière nous pousse à prendre des décisions très rationnelles et qui comportent peu de risques, et cela, en fonction de projets futurs. On réussit à faire un bout de chemin avec ça, et puis on regarde en arrière, on se projette après dans l’avenir et surgit cette vive impression d’être comme en sevrage. D’être passé d’une hyperactivité naturelle à une passivité artificielle. Et là, au fil des jours, des semaines et des mois, cette petite voix passionnée reprend le dessus et on l’entend de plus en plus fort, jusqu’à en devenir sourd : « Qu’as-tu fait de tes ambitions?!? »

Deux semaines de vacances, quatorze jours pour me convaincre qu’une relation sans passion peut fonctionner. Et là, je ne vous parle pas d’amour… C’est bien plus compliqué que ça.

On me dit souvent « sois patiente Marjo, tout vient à point à qui sait attendre ». Mais c’est bien là tout le cœur du problème : pour certaines choses, de la patience il y en a peu, il n’y en a pas. Il n’y a qu’un besoin viscéral de terminer le chapitre et d’en commencer un autre pour être à nouveau fière de moi, de ce que j’entreprends, de ce que je réalise. De prendre l’ascenseur qui me mènera à nouveau vers le haut.

Bonnes, heureuses et reposantes vacances à tous!

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Le 1er juillet et son ani•maux•sité

On peut juger de la grandeur d’une nation et de son évolution morale par la façon dont sont traités ses animaux. – Gandhi

Chaque année, aux alentours du 1er juillet, des milliers d’animaux sont abandonnés à Montréal seulement. Si, mensuellement, ils sont d’ordinaire 600 à se trouver dans la rue, le chiffre gonfle à plus de 1 500 en juin. Il faut savoir qu’au Québec, chats et chiens sont légalement considérés comme des biens meubles. C’est dire qu’au sens de la loi, ils sont autant protégés qu’une vieille machine à café qu’on remplacera sans tristesse lorsqu’elle ne coulera plus du café assez bon à notre goût. La différence, la grande différence, c’est que cette machine ne souffrira pas trop d’être jetée à la poubelle, alors que minou et pitou, une fois dans la rue, se trouveront sans repères, abandonnés dans un environnement hostile aux animaux domestiqués. Comme les êtres humains, ces êtres vivants ont besoin de soins et de nourriture. Ils ne sont pas « juste des animaux », comme le disent encore beaucoup trop de personnes. Ils dépendent de nous. En échange d’un peu d’entretien, de moulée et de caresses (parfois aussi d’un peu de patience), ils sont prêts à nous donner leur affection inconditionnelle et leur fidélité jusqu’à la fin.

En premier lieu, à tous ces propriétaires d’animaux qui font le choix conscient de ne pas stériliser ou pis encore de maltraiter, d’abandonner leur animal parce qu’ils n’en veulent plus, honte à vous. Adopter un animal, c’est une responsabilité que vous endossez pour la vie, sachez-le. C’est ensuite, comme lorsqu’on décide d’avoir un enfant, une obligation d’en prendre soin. Adopter un animal, ce doit être une décision personnelle, ce n’est pas pour faire plaisir aux enfants (malgré leurs bonnes intentions et leurs promesses, ils ne s’en occuperont pas toujours et pas toujours adéquatement), ce n’est pas pour remplacer temporairement votre ex-copain ou copine. C’est dit… En deuxième lieu, honte aux propriétaires de logement intolérants qui imposent impunément à leurs nouveaux locataires de se départir de leur compagnon poilu et qui brisent, pour ainsi dire, des familles. Je comprends votre insécurité par rapport à l’entretien de vos logements. Toutefois, le savoir-vivre, il faut l’apprendre aux locataires négligents qui n’en ont pas et les punir quand il se doit. Ce n’est pas aux gens respectueux à être pénalisés pour la faute et les dommages des autres. Il faut dire que notre province fait bien piètre figure à l’international. Alors que Québec lance une ligne téléphonique d’urgence pour secourir les animaux (un infime pas je le concède, mais on les sauve et ensuite on les place où???), en Ontario, comme en France et en Belgique, les clauses anti-animaux dans les baux résidentiels sont jugées déraisonnables, abusives et contraires à l’ordre public. Ça me donne l’impression que chez nous, on regarde et on règle souvent les problèmes à moitié… Pour ma part, j’ai regardé les vidéos d’usines à chiots, ceux démontrant la façon dont certaines entreprises pratiquent l’euthanasie animale ou gavent les canards, etc. J’ai le cœur sensible, mais je ne me suis pas abstenue. Je voulais savoir et essayer de comprendre pourquoi. Pourquoi un tel comportement, une telle cruauté? Chaque fois, j’ai été renversée et j’en ai pleuré de voir à quel point certains sont dépourvus d’humanité et de compassion, ont une pierre à la place du cœur. Quelle grandeur?

Je n’ai pas vraiment l’habitude de prendre publiquement position sur un sujet faisant l’objet d’un débat public. C’est par contre une cause, parmi d’autres, à laquelle je crois et que je soutiens. Je n’ai pas honte de dire que j’ai signé la pétition de la SPCA pour aider à stopper l’abandon des animaux, de même que le Manifeste pour une évolution du statut juridique des animaux dans le Code civil du Québec. Mon amour pour les animaux, particulièrement pour les chats, remonte à ma plus tendre enfance. Ce texte d’aujourd’hui est une façon particulière et toute personnelle pour moi de vivre mon deuil, de prendre la défense de ces êtres vulnérables qui, même s’ils ne parlent pas, ont une voix, et cela, en la mémoire de mon compagnon de vie. Ce 2 juillet, il y a déjà une semaine que Charlot, mon gros matou heureux, s’est endormi pour la dernière fois après 14 années de bonheur et de ronrons. Je me souviens comme si c’était hier de ce mois de septembre 2000, lorsqu’il est arrivé par hasard dans ma vie, après avoir été abandonné par quatre foyers en seulement trois mois d’existence. Je l’aurais gardé pour toujours… Cependant le toujours de nos animaux de compagnie est souvent beaucoup plus court que notre toujours à nous. Comme pour les humains, le cancer les touche. Il nous appartient donc à nous, propriétaires, de nous assurer qu’ils ne souffrent pas et de prendre la difficile décision de les laisser partir lorsque le temps est venu. Je suis fière et heureuse d’avoir accompagné mon beau Charlot jusqu’au bout, jusqu’à son dernier souffle dans mes bras, comme je le ferais avec n’importe quel membre de ma famille.

Charlot, tu me manques tellement… mais je sais que tu vis là, dans mon cœur, pour toujours. Je t’aime.

Charlot, alias Pechoune

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Nostalgie du vendredi

Après les continuels ralentissements dus à des portes bloquées, pour une énième fois, le service du métro a été interrompu, ce qui a nécessité l’intervention de l’équipe d’urgence. L’attente… C’est toujours vraiment agréable quand ça arrive, surtout un vendredi soir. Vivement l’arrivée des nouvelles voitures du métro. En attendant…

La vie est teintée de zones grises.

Alors quoi de mieux pour se réconcilier avec elle que d’écouter une bonne vieille toune qui nous rappelle le temps de notre insouciance.

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